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Informations financières
Communication financière et bonne gouvernance
Suite à la publication, en France, de nombreux rapports et études
sur la gouvernance d'entreprise (rapports Viénot, Bouton, études
Montaigne et plus récemment JCF Group, lois NRE) nous aimerions
faire le point sur le rôle de la communication financière.
Quel est le rôle imparti à la communication financière
dans le cadre d'une «bonne gouvernance» d’entreprise?
Par son contenu elle répond à l’exigence de
transparence vis-à-vis des acteurs du marché tels
les actionnaires de l'entreprise, les analystes et les gestionnaires financiers.
En livrant une information de qualité, claire, pertinente et fiable
l’entreprise permet, en effet, à ses publics de mieux la
connaître, de pouvoir comparer ses chiffres dans le temps, de comprendre
sa stratégie et de suivre son évolution. Lorsque la communication
financière prend appui sur une réelle éthique et
livre les informations nécessaires à une évaluation
des risques propres à l'activité et au secteur de l'entreprise
et à sa propre performance dans ce domaine, elle confère
à l'actionnaire les moyens de jouer le rôle qui lui est imparti
et devient source de proximité et de confiance. La prévision
des résultats se fait alors avec plus de précision par les
analystes et réduit la volatilité du titre en Bourse.
Elle permet à l'entreprise de maintenir et d'enrichir ce
lien de proximité avec les marchés grâce
à la multitude d'outils et de moyens à sa disposition. Le
journal d’entreprise, les messages du Président, la lettre
à l’actionnaire, le rapport annuel, semestriel voire trimestriel,
les conventions et réunions d’actionnaires sont des modes
de communication traditionnels que l'entreprise pratique de manière
conventionnelle à plus ou moins haute fréquence. Outre des
efforts de contenu à consentir sur ces media, l'entreprise a encore
de grands progrès à faire en matière de délais
de mise à disposition de l'information. Le temps imparti aux questions
et la place donnée au débat sur les orientations stratégiques
lors des AG, permet à l'actionnaire de mettre à profit l'information
qui lui a été délivrée pour juger de la qualité
de la valeur créée par l'entreprise au regard des différents
risques et opportunités propres à l'entreprise et à
son secteur et de la pertinence des choix de gestion à long terme
effectués par l'équipe dirigeante. Les compte-rendus de
ces AG envoyés aux actionnaires constituent la prolongation naturelle
du partage des rôles au sein de l'entreprise mais restent encore
trop souvent lettre morte. Le site Internet quant, à lui, est un
outil très complet qui permet de mettre en place et d’entretenir
un contact très étroit avec l’actionnaire en lui donnant
accès à toutes les informations disponibles en temps réel.
Il doit, lui aussi, être reconnu en tant qu'outil d'information
du marché à part entière. Tous ces efforts de contenu
et de forme qui permettent de resserrer les liens avec les actionnaires,
les intermédiaires et les prescripteurs restituent, à chacun
d'entre eux, sa vraie place ainsi que les moyens réels d'exercer
efficacement son rôle.
La périodicité
de publication des comptes qui fait l'objet d'un vaste débat
au sein de la gouvernance d'entreprise ressort dès lors comme un
faux problème occultant malheureusement la pertinence des éléments
ci-dessus qui eux mériteraient plus d'attention et de soins. Contrairement
à tout ce que nous avons pu lire jusqu’à présent
à ce sujet, la périodicité de l’information
financière n’est pas et ne doit pas devenir une fin en soi.
Une étude
comparative, réalisée récemment par JCF Group, sur
les sociétés publiant leurs résultats trimestriellement
a démontré une
plus grande volatilité des prévisions et des cours de Bourse
de ces sociétés d’un côté de l’Atlantique
que de l’autre (entre 4 et 8% aux USA contre 11 à 12 % en
Europe (1)). Ce
décalage semble plutôt révéler une meilleure
utilisation et une meilleure gestion des éléments énumérés
ci-dessus ayant comme corollaire une plus grande proximité entre
les entreprises et les marchés. L’exemple de la Grande-Bretagne
qui jouit d’un marché très efficient sans pour autant
avoir cédé à la coutume des publications trimestrielles
semble corroborer cet argument. Nous nous rallions par conséquent
à la conclusion de l'Institut Montaigne selon lequel il est très
difficile de "dégager un principe général en
cette matière (publication de comptes trimestriels) et que les
entreprises doivent décider elles-mêmes de l'opportunité
…compte tenu de leur situation propre". Ceci ne les dispense
toutefois pas de faire preuve d'un peu de créativité dans
l'utilisation et la gestion de tous les outils de communication financière
à leur disposition pour rendre cette bonne gouvernance tangible
contribuant ainsi à restaurer la confiance des marchés.
(1) La fâcheuse illusion des comptes trimestriels, Christophe Tricaud,
in La Tribune,
2 octobre 2003
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