Quel bilan pour les AG ?
De la grogne des petits porteurs à la volonté du
législateur d'instaurer un "nouvel ordre" dans les pratiques
du gouvernement d'entreprise: état des lieux.
L'information
De nombreux
actionnaires n'ont pas encore suffisamment accès aux informations
pertinentes en temps utile avant l'AG. Certains petits porteurs de Vivendi
Universal n'ont même pas reçu de convocation à l'AG.
La participation
Les actionnaires
ont peu de prise sur l'ordre du jour. Approuver les comptes du dernier
exercice, l'affectation des résultats, la distribution de dividendes
ou la composition du Conseil reste leur seul domaine. Les orientations
stratégiques, les choix de gestion et le niveau d'endettement étant
bien souvent abordés hors AG entre grands actionnaires et administrateurs
influents.
Trop souvent,
les petits porteurs renoncent à voter, donnant ainsi tout pouvoir
au dirigeant. Les organismes de gestion ne donnent aucune information
à leurs investisseurs quant à leur politique de vote dans
les AG.
La prise de risque
partagée
La pratique
des stock-options permet aux dirigeants de se protéger contre les
mauvaises performances boursières. De ce fait, les actionnaires
se trouvent seuls à porter le risque financier des politiques d'investissement
et des stratégies qu'ils n'ont pas le pouvoir de contrôler.
Chez Alcatel le président s'est vu attribué 500.000 titres
à 6,70 € (le plus bas historique du titre) alors que le titre
a chuté de 60% sur les 18 derniers mois ! Les administrateurs de
Renault ont vu leurs indemnités portées à 28.500
€.
Les administrateurs
indépendants
Ces hauts
profils sont rares et difficiles à recruter. Les cumuls de mandats
sont encore très nombreux (M. Fourtoux en cumule 17!). Tôt
ou tard ces nouvelles recrues vont former des cénacles formant
allégeance aux dirigeants.
La Commission
européenne souhaite plus que jamais restaurer la confiance en protégeant
l'actionnaire et en responsabilisant le Conseil d'administration.
Une définition
plus précise, une distribution plus équitable des droits
et devoirs, pouvoirs et contre-pouvoirs sera sans doute nécessaire
à l'instauration d'une certaine "démocratie actionnariale".
Une analyse
de Fabienne Nitulescu, Lombard Media
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