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La promotion professionnelle des femmes

 

 

Réussir sa carrière grâce au mentoring

 

 

Rita Knott est sous-directrice d’une banque israélienne au Luxembourg et en charge des ressources humaines. Ayant soif d’évolution alors qu’elle était secrétaire de direction et souhaitant donner une autre dimension à sa carrière, elle a bénéficié du soutien de partenaires expérimentés qui l’ont guidée dans ses choix et sa formation. Lors d’un déjeuner-débat organisé par le POG (voir encadré) suivie d’une interview, elle a exposé ce qu’est le mentoring et la formidable opportunité que cette pratique peut constituer pour toute femme décidée à accéder à des fonctions de responsabilité.

 

 

Le Jeudi:

 

Pourriez-vous nous expliquer ce qu’est le mentoring ?

 

Rita Knott:

 

Le mentoring trouve son origine dans la mythologie grecque. Ulysse demanda à Mentor de prendre en charge l’éducation de son fils Télémaque durant son absence. Le mentor est ainsi devenu synonyme de personnage estimé par tous et qui joue le rôle de conseiller et d’éducateur envers quelqu’un de plus jeune et de moins expérimenté. Bien qu’il n’existe pas aujourd’hui de définition générale du mentoring, ce terme décrit la relation protégée où le mentor va aider le “mentee” à connaître et développer ses compétences et capacités, va l’aider à prendre des décisions difficiles et à élaborer des stratégies pour atteindre ses objectifs de travail, va l’initier au travail en réseau et à l’utilisation de contacts informels extérieurs.

 

 

 

Les femmes ont parfois peur du pouvoir

 

 

 

Le Jeudi:

 

Le mentoring existe depuis longtemps pour les hommes. Qu’en est-il aujourd’hui pour les femmes ?

 

Rita Knott:

 

Il n’y a à l’heure actuelle qu’environ 5% de cadres femmes en Europe. Cette situation est largement due au “plafond de verre” (cf. Segerman-Peck) qui empêche les femmes, de manière informelle et subtile bien sûr, d’aller au-delà d’un certain seuil de responsabilités. La preuve en est qu’une meilleure qualification des femmes n’a pas entraîné une représentativité féminine plus forte à des postes de responsabilité et de pouvoir. Mais il y a un autre élément à prendre en compte pour expliquer cette situation : les femmes ont parfois peur du pouvoir ou ne sont pas à l’aise avec lui. Un programme de mentoring pour les femmes est donc particulièrement adapté pour leur permettre de prendre confiance en elles et de développer leurs compétences au mieux de leur potentiel.

 

 

Le Jeudi:

 

N’est-ce pas également l’objectif du “coaching” ?

 

Rita Knott:

 

La notion de “coaching”, qui nous vient du monde sportif, est en fait une relation commerciale entre une personne et son “coach”. Dans le mentoring, la question pécuniaire ne se pose pas. Et c’est là une condition très importante. Le mentee reçoit une assistance totalement désintéressée du mentor. Celui-ci a des droits et des devoirs clairement définis et négociés au départ avec le mentee. Une formation préalable des 2 personnes est souhaitable pour que la relation se passe bien et soit durable. D’ailleurs au niveau européen, les statistiques montrent que 98% des mentors et mentees sont satisfaits de leurs relations réciproques.

 

 

 

Une assistance totalement désintéressée

 

 

 

Le Jeudi:

 

Le mentor fait souvent partie de la même entreprise que le mentee. Est-ce un meilleur gage de réussite ?

 

Rita Knott:

 

L’un des principes de base du mentoring est que le mentor ne doit pas être trop proche du mentee. Le mentoring interne ne peut idéalement se pratiquer que dans les entreprises d’au moins 1000 personnes avec plus de 2 niveaux hiérarchiques de différence entre le mentor et le mentee. Mais le mentoring externe est tout aussi bénéfique. Un bon mentor est quelqu’un qui s’intéresse sincèrement aux autres et qui aime voir de jeunes talents se développer. C’est une personne influente, d’âge mûr, possédant une grande richesse d’expériences et de connaissances.

 

 

Le Jeudi:

 

Cette pratique existe-t-elle au Luxembourg ?

 

Rita Knott:

 

La Commission européenne encourage de tels programmes pour les femmes. Malheureusement, il n’y a pour l’instant aucun organisme au Luxembourg jouant un rôle dans ce domaine. Au-delà de la pratique de parrainage mise en place dans certaines grandes sociétés, les initiatives de mentoring pour les femmes sont quasi inexistantes à ce jour. J’ai pris contact avec l’asbl Zarabina en vue de mettre éventuellement en place une structure de mentoring au Luxembourg. Cette association a pour but, entre autres, l’amélioration de la situation des femmes dans le domaine de l’emploi. J’espère que cette initiative verra le jour car elle pourrait être un moyen pour beaucoup de femmes d’évoluer dans leur carrière et de vivre une expérience particulièrement enrichissante.

 

 

 

Françoise LAVABRE-BERTRAND

 

 

 

 

 

Les déjeuners-débats du POG

 

Créé il y a 10 ans en vue d’établir le contact et de favoriser les échanges d’expérience entre responsables des ressources humaines, le POG (Personnel Officers Group) regroupe 58 banques et institutions financières de la place de Luxembourg. Son credo est de promouvoir l’éthique et la déontologie dans les pratiques professionnelles de ses membres et de diffuser les techniques les plus pointues dans le domaine. Les déjeuners-débats sont par exemple l’occasion d’échanger de manière conviviale mais aussi particulièrement constructive des points de vue sur l’actualité sociale au Luxembourg. Lors de ces rencontres régulières, un spécialiste analyse un sujet de fond qui est ensuite débattu entre les participants. Le café est le moment pour partager des informations et expériences pouvant intéresser les membres. Autre initiative : depuis 1998, le prix POG encourage la recherche en récompensant les meilleurs mémoires universitaires dans le domaine des ressources humaines des étudiants se portant candidats.

  © Lombard Media

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