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Management: le
leadership Une société
compétitive a besoin de leaders Philippe
Apostolides est Directeur des Ressources Humaines de Luxguard I, l’une des 3
implantations luxembourgeoises du groupe verrier américain Guardian. A 33 ans,
il incarne ce nouveau type de DRH qui considère l’humain comme une ressource
essentielle pour l’entreprise et un levier de succès. Membre fondateur d’une
association de DRH à Luxembourg, l’ALDRH (association luxembourgeoise des
ressources humaines), il nous expose aujourd’hui sa vision du leadership. Le monde des
affaires est devenu si complexe et la survie d’une société si aléatoire, dans
un environnement de plus en plus dangereux et inattendu, qu’une entreprise doit
chaque jour mobiliser toute l’intelligence de tous ses salariés pour avoir une
chance d’être compétitive. La seule intelligence des dirigeants et cadres d’une
société est dorénavant insuffisante pour relever les défis économiques et
technologiques. Seule l’intelligence de tous ses membres pourra permettre à une
entreprise d’affronter les exigences de son nouvel environnement. Les salariés
ont parfois le sentiment de ne pas utiliser toutes leurs capacités et par là,
de ne pas pouvoir se réaliser complètement. Assez souvent, ils ne se
connaissent d’ailleurs pas eux-mêmes, ils n’ont pas la vision de ce qu’ils
veulent faire ou de ce qu’ils pourraient faire. D’où un sentiment bien légitime
de frustration et de déception. Et une perte inestimable pour l’entreprise. Pour toutes ces
raisons, une société compétitive a besoin de leaders. Le leadership est l’art
de mobiliser toutes ces intelligences au service d’un projet d’entreprise. Un
leader n’est pas quelqu’un qui a une capacité de jugement susceptible de saisir
la conjoncture politique ou économique: c’est quelqu’un qui a le talent de voir
loin, d’élargir son horizon, de se remettre en question et de prendre des
risques. Un leader n’est pas forcément admiré ou aimé par ses collaborateurs:
il doit permettre à ses collaborateurs d’être plus performants. Un leader n’est
pas celui qui est populaire: c’est celui dont les collaborateurs sont motivés
et ont des résultats. Définir une
mission d’entreprise Pour arriver à
ces résultats, le leader doit d’abord définir de manière claire et simple la
mission et les objectifs de la société. Etes-vous aujourd’hui sûr que tous les
salariés connaissent les 3 principaux objectifs de votre société ? La plupart
du temps, trop peu de salariés les connaissent. Comment pouvez-vous demander
alors aux salariés de s’investir s’ils ne savent pas pourquoi ? Si les salariés
connaissent la direction dans laquelle s’engage la société, ils auront d’autant
plus de facilité à comprendre leur rôle et leurs responsabilités. A partir des
objectifs de la société, le leader peut ensuite définir avec ses collaborateurs
leurs objectifs individuels. Ces objectifs doivent également être communiqués
de manière claire et simple. Ceux-ci permettront aux employés de pouvoir se
situer dans le projet d’entreprise. Et ces objectifs doivent bien sûr être
mesurables. Afin d’aider ses
collaborateurs à progresser et à réaliser leurs objectifs, le leader doit leur
fournir un écho, un retour d’information. Dans le jargon du management, on
l’appelle le feed-back. Peu importe que ce feed-back soit bon ou mauvais. Les
collaborateurs doivent savoir s’ils sont sur le bon chemin ou s’ils doivent
réorienter leur action. Si le feed-back n’existe pas ou s’il est mal
communiqué, les collaborateurs l’inventeront eux-mêmes, et là une bonne
performance pourra se transformer en mauvaise et une faible performance
deviendra pire. Même s’il est vrai qu’il est plus facile de donner une bonne
nouvelle qu’une mauvaise, les collaborateurs ont besoin d’entendre directement
le feed-back de leur leader. Combien de personnes ont eu un feed-back négatif
sur leur performance en lisant un mémo ou un compte rendu de réunion ? Un
feed-back ouvert encouragera obligatoirement la responsabilisation, la
créativité, l’innovation et la prise de risque. Encourager
l’initiative personnelle Vous avez déjà
tous remarqué que certaines personnes dans l’entreprise ne prennent ni
responsabilité, ni initiative alors que parallèlement elles président un club
de sport ou sont trésorières d’une association, et tout cela bien entendu
bénévolement. Ce n’est donc pas une question de compétences mais plutôt une
question de volonté, d’environnement et de reconnaissance. En ne restant pas
tout le temps sur le dos de ses collaborateurs et en minimisant les règlements,
le leader augmentera le degré de confiance tout en leur donnant plus de liberté
d’action et par là même, créera un esprit d’entrepreneur propice à la prise de
risque et à la créativité. Le leader ne blâme pas les échecs mais reconnaît
plutôt le fait d’avoir essayé quelque chose. Il célèbre et reconnaît les
succès. Car seuls les salariés qui s’investissent peuvent apporter à
l’entreprise. Le leader doit
enfin porter une attention particulière à son équipe. Connaissez-vous
réellement vos collaborateurs ? Que savez-vous d’eux, de leur famille, de leurs
besoins, de leurs projets ? Il faut écouter ses collaborateurs, réellement les
écouter, prendre le temps de le faire. Et cela n’est pas toujours la réalité.
Essayez de lister 5 exemples qui montrent que vous attachez une attention
particulière à vos collaborateurs. Etre attentif ne veut pas dire être gentil
ou avoir du sentiment, mais c’est avoir une attitude ouverte. Un leader, c’est
celui qui transforme toutes ces actions en résultat. N’oubliez pas que la
différence entre une brillante stratégie d’entreprise et une stratégie réalisée
avec succès réside dans l’intérêt et la volonté des hommes et des femmes à la
mettre en oeuvre. Si une entreprise veut être compétitive dans le futur, elle
doit le préparer aujourd’hui en recrutant des leaders qui pourront anticiper
ses besoins et mobiliser toutes ses intelligences. Les Ressources Humaines
peuvent alors être selon votre choix une source avantageuse ou désavantageuse
pour le succès et la pérennité de l’entreprise. Philippe
Apostolides |
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