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Développement personnel et
professionnel
Les cadres séduits par le coaching
Joëlle Letsch est
depuis 16 ans dans les Ressources Humaines, dont 12 passés en entreprise. Forte
de cette riche expérience du terrain et possédée par l’esprit d’entreprise, elle
a fondé en 1999 avec une autre consultante son propre cabinet RH: ADT- Center
(Assessment, Development, Training). Elle a une longue pratique du coaching de
dirigeants et cadres au Luxembourg. Le Jeudi : Quelle définition
donneriez-vous du coaching ? Joëlle
Letsch : C’est
l’accompagnement d’une personne dans le développement de ses compétences sur le
plan personnel, social, managérial ou dans son organisation de travail. Cet
accompagnement se fait à durée déterminée. Il s’agit d’un processus d’apprentissage
par l’action centré sur les besoins spécifiques de la personne. Nous l’aidons à
franchir un passage à un moment donné en développant certains aspects de sa
personnalité non mis en valeur jusque là ou nécessaires dans le cadre d’une
nouvelle fonction ou mission. Le Jeudi : Quelle
est la différence avec le « mentoring » ? Joëlle
Letsch : La
pratique du mentoring sert à transmettre un savoir-faire personnel. Le mentor
se situe donc à un niveau supérieur par rapport au « mentee ». Le
coaching, quant à lui, agit comme un miroir. Les personnes, le coach et le
coaché, se situent au même niveau. Le coach a le rôle d’un facilitateur qui
aide le « coachee » à developper son potentiel et à puiser dans ses
ressources. Gérer
le stress Le Jeudi : Que
propose le coaching concrètement ? Joëlle
Letsch : Le
coaching est utile à plusieurs niveaux. Au quotidien, il permet d’apprendre à
mieux gérer le stress, à développer d’autres styles de management vis-à-vis de
son équipe. Il permet de travailler la communication et de déceler quels sont
les moyens et les stratégies les mieux adaptés à chaque « coachee ».
Le coaching met à disposition beaucoup d’outils de travail comme
l’organisation, la planification, la gestion du temps, qui vont permettre de
mieux se gérer soi-même. A
certains moments du parcours professionnel et de la vie, on doit affronter des
changements de carrière, de nouvelles situations, comme par exemple une
nouvelle mission ou un changement de structure, qui vont exiger de l’individu
de prendre des responsabilités différentes. Il devra donc à ce moment là
développer de nouvelles aptitudes face à cette situation. Le Jeudi : Le
coaching s’adresse-t-il essentiellement aux dirigeants et cadres ? Joëlle
Letsch : Le
coaching est en effet souvent limité aux cadres et VIP de l’entreprise pour une
question de budget. Peu connu encore récemment, il est devenu socialement
« chic » et acquis pour les cadres. Mais la démarche se démocratise
car c’est un outil de développement qui peut être mis en place à tous les
niveaux de la structure. Le Jeudi : Quel
profit peut en attendre le reste de l’entreprise ? Joëlle
Letsch : La
personne coachée pourra mieux mettre ses compétences au service de
l’entreprise. Elle organisera son équipe et gèrera ses réunions de façon
optimale, elle affrontera des responsabilités plus grandes, elle prendra plus
facilement ses décisions. Et puis elle pourra elle-même devenir un coach dans
l’entreprise, un moteur. Travail
de fond Le Jeudi : Chaque
coach, en fonction de son profil et de son origine professionnelle, applique sa
propre méthode. Quelle est la vôtre ? Joëlle
Letsch : Il
y a différentes étapes dans ma démarche. Avant tout, faire connaissance, cerner
la personne avec sa démarche et son profil. Il s’agit aussi de détecter les
points à développer, les objectifs à atteindre. Il y a ensuite le travail de
fond, sur des situations concrètes. A la fin du cycle de séances, nous évaluons
ensemble le travail fait sur le terrain. Puis, nous fixons des objectifs futurs
à réaliser. Le Jeudi : Quel
est justement le genre de contrat de coaching que vous proposez ? Joëlle
Letsch : Nous
passons un 1er contrat formel entre entreprise et coach sur le
développement d’une personne. Généralement, nous proposons un cycle d’une durée
de 2 à 3 mois, à raison d’une séance par semaine. Mais il y a un 2ème
contrat, moral celui-là, qui va déterminer les règles du jeu et de travail
entre le coach et le coachee. Un bilan sera fait à la fin du cycle par rapport
aux objectifs de développement fixés pour voir comment ils ont été atteints.
Nous proposons automatiquement une session de « rafraîchissement » 6
mois plus tard pour voir comment les choses ont été appliquées sur le terrain,
en situation. De manière générale, il est très important de s’adapter à la
personne coachée, à son rythme, à son comportement. Nous attachons une grande
importance à cette relation. Son contenu sera d’ailleurs strictement
confidentiel, même vis-à-vis de l’entreprise. Le Jeudi : Qu’est-ce
que cela peut représenter en terme de budget ? Joëlle
Letsch : Il
faut compter l’équivalent d’une à deux journées de formation collective,
c’est-à-dire entre 50 000 à 75 000 LUF. Le coaching est un outil extrêmement
pointu et fixé sur les besoins de la personne. Il est donc très différent d’un
training collectif qui lui est limité à un transfert de savoir-faire ponctuel. Plafond
de verre ? Le Jeudi : Le
fameux « plafond de verre » invisible qui empêcherait les femmes
d’accéder à des postes de direction existe-t-il réellement au Luxembourg ? Joëlle
Letsch : Oui.
Et les entreprises nous envoient plutôt des hommes car ceux-ci occupent en
effet en grande majorité les postes de directions et d’encadrement. Mais, dans
les personnes qui s’adressent à nous à titre privé, les femmes sont plus
nombreuses. Elles sont généralement demandeuses de stratégies, de techniques.
Elles doivent donc apprendre à se vendre à leur juste valeur, à pratiquer un
self marketing. Tout le monde a quelque chose à y gagner : les femmes, en
termes d’épanouissement personnel et professionnel ; l’entreprise, en
termes de compétences ; et enfin le pays, en termes de ressources humaines
qui tendent aujourd’hui à faire défaut sur le marché du travail. Françoise
LAVABRE-BERTRAND |
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