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Formation transversale et gestion du savoir

 

 

Favoriser une culture financière au sein de la banque

 

 

Michel Valleix est Directeur des Ressources Humaines de la banque Paribas Luxembourg depuis 1997, après avoir été pendant de nombreuses années Directeur des Affaires Sociales de Paribas France. De formation littéraire complétée d’une spécialisation Ressources Humaines au Celsa, il fut longtemps considéré en France comme l’un des spécialistes du temps partiel. Il gère les 18 millions de francs luxembourgeois que consacre chaque année Paribas Luxembourg à la formation continue. Parmi les actions engagées dans ce domaine, Paribas Luxembourg a mis au point une formation transversale au sein de la banque afin de décloisonner les compétences des employés qui le souhaitent et élargir leurs horizons.

 

 

Le Jeudi :

 

Qu’entendez-vous par formation transversale ?

 

Michel Valleix :

 

C’est une formation généraliste aux métiers de la banque qui va permettre aux employés d’avoir une visibilité plus grande sur ce qui se passe dans l’entreprise, en terme d’activités et de produits.

 

 

Le Jeudi :

 

Quels sont les objectifs d’une telle formation ?

 

Michel Valleix :

 

Peu de personnes au sein d’une banque ont une connaissance multi-métiers et multi-fonctions. Cette formation vise à accroître le professionnalisme des équipes en les impliquant dans le processus complet des opérations traitées, en les sensibilisant aux risques des opérations et activités. Une telle formation leur permet d’acquérir une meilleure connaissance de l’environnement global des activités bancaires et financières afin de mieux les intégrer et les situer dans l’entreprise. Elle améliore la communication interne par la constitution de groupes hétérogènes et par la sensibilisation permanente à la transversalité. Elle doit également faciliter la mobilité interne et développer la culture de polyvalence au sein de la banque.

 

 

Le Jeudi :

 

Vous avez complètement monté cette formation sur-mesure avec le Centre français de la profession bancaire et l’aide d’un consultant. Le Luxembourg n’offrait-il pas de formation adéquate ?

 

 

Parler de métier, pas de techniques

 

 

Michel Valleix :

 

Il existe au Luxembourg de très bonnes formations sur des produits spécifiques dispensées notamment par l’IFBL. Nous avions cependant besoin d’une formation axée sur l’ensemble des métiers. Pour vous donner un exemple, nous souhaitions parler du métier titres, de ses enjeux, de sa mission, de sa place dans le groupe et dans la Banque, ce qui est en amont ou en aval, et non parler seulement des opérations sur titres.

 

 

Le Jeudi :

 

Pensez-vous que le secteur bancaire au Luxembourg aurait besoin que soient disponibles des formations plus générales ?

 

Michel Valleix :

 

Les formations proposées sont généralement plutôt techniques et axées sur les « back offices ». Elles donnent donc une visibilité très fragmentaire, du fait de la méconnaissance de l’impact qu’ont, en amont et en aval, les opérations effectuées. Je pense que la place financière a besoin de donner une certaine ouverture aux employés, de les rendre curieux de ce qui se passe autour de leur métier, des tenants et aboutissants des activités. En bref, il s’agit de donner une certaine « culture financière ».

 

 

Le Jeudi :

 

Quelle a été votre cible et comment avez-vous sélectionné vos candidats ?

 

 

Etre curieux et motivé

 

 

Michel Valleix :

 

Notre critère principal a été la motivation. Ce genre de formation est lourd ; il demande un fort investissement personnel. Celle que nous avons montée chez Paribas Luxembourg a duré 18 mois à raison de 2 jours de cours par mois et de l’équivalent en travail personnel, avec bien-sûr un contrôle continu des connaissances et l’obtention d’un diplôme après une soutenance devant un jury. Il faut des gens curieux de leur environnement et qui ont envie d’évoluer. Ils ont un potentiel et souhaitent comprendre ce qu’ils font et pourquoi ils le font. Cette formation s’adresse donc à des personnes de tous horizons et de tous métiers et c’est ce qui fait la richesse des groupes ainsi formés.

 

 

Le Jeudi :

 

Cette opération a-t-elle connu un réel succès ?

 

Michel Valleix :

 

Sur quinze personnes que comportait la première promotion, onze ont obtenu le diplôme de fin d’études (nous avons eu trois abandons et un échec). Les échos ont été extrêmement positifs. L’équipe a appris à se connaître, à s’apprécier et à partager ses expériences. Et, signe de succès, une deuxième session va commencer au deuxième trimestre, les étudiants de la première promotion nous ayant aidé à réfléchir sur les aménagements à apporter, avec notamment une plus grande participation et implication des responsables métiers de Paribas Luxembourg

 

 

Ouvrir cette formation aux employés BNP

 

 

Le Jeudi :

 

Votre rapprochement avec la BNP va-t-elle avoir une influence sur votre politique de formation ?

 

Michel Valleix :

 

Il est trop tôt pour répondre à cette question sur un plan général.  En revanche sur le plan particulier de la formation transversale, nous avons décidé d’ouvrir cette formation à 4 candidats de la BNP. Ceci permettra à nos employés d’échanger leurs points de vue avec de futurs collègues ayant une culture différente et d’autres méthodes de travail. Cela peut s’avérer particulièrement enrichissant pour la banque tout entière car on observe généralement que les participants à de telles formations transmettent au quotidien à leurs collègues de travail l’essentiel de ce qu’ils ont appris. C’est la transmission du savoir, un certain partage de la connaissance, valeur qu’il convient de véhiculer dans la culture de l’entreprise pour faire de celle-ci une « entreprise apprenante ».

 

 

 

Françoise LAVABRE-BERTRAND

  © Lombard Media

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