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L’Art de la Guerre
de Sun Zi

(plusieurs orthographes possibles : Sun Zi, Sun Tse, Sun Tzu)

Commentaire de Bernhard Dedenbach, Managing Director Korn/Ferry International

Pour
quoi avoir choisi ce livre maintenant ?

Ce petit fascicule m’accompagne depuis de nombreuses années et je le consulte régulièrement car il reflète une certaine façon de penser et de procéder, notamment dans un contexte économique complexe. « L’Art de la Guerre » a été rédigé il y a environ 2 500 ans et est reconnu comme le premier traité théorique sur la stratégie. Et je suis convaincu que cet ouvrage n’a rien perdu de son originalité et que son message est encore et restera d’actualité. C’est pourquoi je le recommande volontiers comme lecture à tous ceux qui s’intéressent à la pensée stratégique ainsi qu’à tous les responsables de la vie politique ou économique.

Pourriez-vous en décrire la substance en quelques mots ?

L’Art de la Guerre a été conçu comme un manuel qui explique comment se préparer et comment mener une guerre afin d’être gagnant. L’essence de ce traité n’est pourtant pas une description de la guerre optimale. Le message clé du traité c’est que la meilleure guerre est celle qui n’a pas lieu. Comme toute guerre représente un investissement important en ressources (notamment en ressources humaines) et comme il semble inévitable d’accepter des pertes, il est préférable de vaincre l’ennemi sans se combattre. Cette pensée reflète en quelque sorte le principe même de l’économie qui est définie par la rareté des ressources.

Qu’est-ce qui vous a particulièrement plu dans ce livre ?

Ce qui me plaît toujours et ce qui est pour moi le plus important c’est que le traité transmet un message qui est quasiment universel et qui peut être appliqué à maintes situations humaines : « … celui qui connaît son ennemi et se connaît lui-même mènera cent combats sans danger ; celui qui ne connaît pas son ennemi mais se connaît lui-même remportera une victoire pour une défaite ; celui qui ne connaît ni l’ennemi ni lui-même sera en danger à chaque combat ».
 

Quel est l’enseignement le plus important que vous en avez retiré ?

La lecture du fascicule est avant tout un exercice d’humilité. En suivant les réflexions de Sun Zi, le lecteur se rend compte que rien n’est acquis, qu’aucune bataille n’est gagnée d’avance. Il faut se remettre en question continuellement et il faut essayer d’analyser au mieux chaque situation avant de prendre des décisions. La leçon à en tirer est donc qu’il est impératif d’être préparé au changement, de rester vigilant et de ne jamais se sentir en sécurité absolue.

Pourquoi est-il différent des autres livres sur le sujet ?

« L’Art de la Guerre » est unique en son genre, non seulement puisqu’il représente le plus ancien traité sur la stratégie mais aussi parce qu’après près de 2 500 ans, le message clé du livre reste de toute première actualité. En outre, il n’y a que peu de traités, notamment sur la stratégie militaire, dont les instructions peuvent être transférées à d’autres domaines tels que la politique ou la vie économique.

Est-il adapté à la réalité que nous vivons aujourd’hui ?

Un traité stratégique dont le contenu est plutôt de nature philosophique est certainement prédestiné à être interprété de différentes manière et en fonction de l’époque historique dans laquelle il est lu. « L’Art de la Guerre » en est sans doute un bel exemple. Ecrit avant tout comme un manuel contenant des instructions pratiques sur la façon de mener des guerres, ce petit livre a connu des utilisations qui vont au-delà de cette destination. Grâce à ses quelques messages clés à caractère universel, il est parfaitement adapté à la réalité que nous vivons aujourd’hui. Mais, je me permets de prévenir ceux qui pensent que cette lecture pourrait être particulièrement instructive pendant cette période de guerre en Irak. Ceci serait une interprétation fausse et erronée. En ce sens, je voudrait rappeler que « la meilleure guerre est celle qui n’a pas lieu ».
   
 
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